Mieux comprendre l’impulsivité et l’égocentrisme adolescent

Les professionnels de l’éducation secondaire en témoignent quotidiennement : les adolescents repoussent les limites de l’égocentrisme et des variations comportements extrêmes.

Nous savons tous que l’adolescence est marquée par de profonds changements physiques, hormonaux et psychologiques liés à la puberté. Les nouvelles technologies médicales permettent une nouvelle cartographie du cerveau et la neurologue, professeure et chercheuse en neurosciences cognitives, Sarah-Jayne de Blakemore de Université College of London (UCL) a quelques éléments d’explication pour nous.

Ses recherches, menées grâce à une nouvelle technique d’imagerie par résonance magnétique, révèlent plusieurs conclusions intéressantes que tous les enseignants et parents évoluant en compagnie d’ados devraient connaître :

  • Diminution de la matière grise dans le cortex préfrontal explicable par une certaine épuration de l’activité synaptique où le lobe se débarrasse de certaines synapse dans une perspective de renouvellement en vue de l’accomplissement de nouvelles activités cérébrales. Le cerveau est, en fait, en train de muer pour se préparer à délaisser les tâches enfantines pour accomplir des tâches plus complexes destinées à la vie adulte;
  • L’étude du cerveau dit social révèle que l’activité cérébrale du cortex préfrontal médian est diminuée par rapport à la même région chez un adulte, ce qui explique que les cerveaux des ados et ceux adultes emploient des stratégies différentes lors d’interactions sociales diverses.
  • Les perspectives sociales, dues au développement du cerveau, sont donc essentiellement altérées chez les adolescents. Cela explique donc que les ados ne peuvent réagir de la même façon que les adultes face à des situations de la vie commune.
  • Il en résulte une difficulté marquée à prendre en compte une perspective provenant d’autrui, laquelle a pour but de guider leur propre comportement et ce, dans tous les sens du terme.
  • Le jugement social de l’adolescent est donc altéré par un ralentissement de certaines zones cérébrales.

Les résultats de la recherche expliqueraient donc, en partie du moins, les comportements qui sont habituellement dénoncés par les adultes à propos des adolescents :

  • Ils sont écervelés et prennent des risque inutiles, sans égard aux conséquences de leurs actes;
  • On observe des variation d’humeur fréquentes qui peuvent paraître injustifiées;
  • Ils sont impulsifs et peuvent adopter un comportement ou un langage excessif;
  • Semblent à avoir de la difficulté à s’autocensurer;
  • Ils sont égocentriques et absorbés par leur propre personne.
Pour de plus amples informations, consultez le site du Pr. Blakemore.