La technopédagogie n’est pas un terme utilisé officiellement dans le milieu de l’éducation. En fait, c’est l’expression désignant une réalité de plus en plus reconnue de tous les pédagogues, soit l’avènement des technologies dans les classes. Il s’agit donc de l’intégration des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans les stratégies pédagogiques des enseignants.

Le monde technologique exploité par les pédagogues est sans limite. Il implique donc, de ces derniers, de développer ce qui est à la base de leur engagement envers le monde de l’éducation : la curiosité et la créativité. Ainsi, les enseignants doivent prendre les devants et aller à la rencontre de ce qui existe sur la toile mais aussi, ils doivent prendre acte des appareils ou gadgets qui sont actuellement disponibles pour le grand public. Désormais, la plupart des gadgets ont leur pertinence dans la sphère pédagogique et, lorsque bien encadré par un usage bien déterminé, ils nous permettent de pousser l’expérience éducative vers de nouveaux horizons.

Pour entrer de plein pied dans l’univers technopédagogique, il n’existe pas mieux que divers forums sur l’internet où différents enseignants publient leur trouvailles, stratégies et idées d’activité pédagogiques. Et à la base de cette recherche, il y a toute l’importance du réseautage qui entre en ligne de compte et qui devient LA nouvelle aptitude professionnelle à développer chez les enseignants.

Mais au-delà de l’aspect matériel et de son incontournable incursion dans le monde de l’éducation, la technopédagogie implique également un changement quant aux pratiques pédagogiques. On parle d’une remise en question totale et profonde du rôle de l’enseignant dans sa propre salle de classe ainsi que des rapports éducatifs qu’il entretient avec ses élèves. Ce n’est pas tout de mettre une tablette électronique dans les mains des élèves; il faut également les éduquer à l’utiliser de façon constructive et productive. Idem pour l’utilisation des réseaux sociaux ou des divers applications présentes sur le web.

On peut conclure en affirmant simplement que c’est l’évolution logique de la pédagogie à l’heure du XXIe siècle avec des outils prisés et utilisés par une nouvelle génération d’apprenants. Au fond, la technopédagogie, c’est enseigner avec des outils de la génération actuelle et faire en sorte que la technologie soit au service de l’apprentisage (Lucie Voyer, enseignante via son site web).

Plusieurs décrient l’aspect ludique de gadgets technologiques tels que les tablettes, téléphones portables dits « intelligents » ou de l’internet lui-même en passant par ses applications sociales. Probablement que ces critiques sont fondées. Mais, au fait, qu’y a-t-il de mal ou de répréhensible à utiliser des outils agréables, entretenant des possibilités ludiques ? N’est-ce justement pas agréable pour l’apprenant de lier plaisir et apprentissage ? L’apprentissage ne prend-il par tout son sens dans ces circonstances ?

Les technopédagogues, malgré que le terme puisse sembler quelque peu réducteur, sont des enseignants orientés vers l’avenir et animés par un profond désir de faire évoluer la pédagogie au même rythme que la société. Ils sont de ceux qui réalisent que leurs élèves ont des besoins qui diffèrent de ceux qu’eux-mêmes avaient lorsqu’ils avaient leur âge. Ils comprennent la nouvelle complexité de la clientèle scolaire et saisissent l’ampleur des défis qui se dressent entre eux et ces mêmes élèves. Ils travaillent quotidiennement à en abattre les frontières.

Il est clair que l’invasion par la technologie du monde pédagogique peut faire peur à pas mal tout le monde. Les enseignants sont souvent effrayés par une possible perte de contrôle de leur gestion de classe. Ils se sentent mal outillés face à des outils nouveaux qu’ils maîtrisent mal et pour lesquels ils n’ont jamais été formés. Pour les administrateurs, c’est la question du choix technologique à préconisé dans un monde où les nouveautés technologiques pullulent et où les choix sont illimités. Pour plusieurs parents, technologie rime avec des jeunes blasés devant leur écran de télévision ou de Nintendo DS à jouer pendant des heures. Bref, tous les acteurs du monde éducatifs ont leurs craintes et leurs doléances face à ce nouveau virage technologique.

En réalité, ce n’est pas la technologie le problème mais bien la façon dont elle est exploitée. Il y a probablement lieu de faire un examen de conscience à savoir si on maximiser les possibilités offertes par les opportunités technopédagogiques. Et pour ce faire, il faut oser. Oser redevenir éternel étudiant de l’immensité technologique et y trouver sa niche avec les créneaux auxquels on s’accroche et s’identifie. Mais pour cela, il faut apprendre à gérer le changement !